De cape et d'épée

1626, chapitre V - L'Île de Ré
Où nos amis sauvent la France, plus d'une fois

Moins de 24 heures après être arrivés le sol français, Ponthieu et Mehmet chevauchent à bride abattue vers l’Île de Ré, bien connue des cruciverbistes, afin de prévenir les militaires qui s’y trouvent de l’attaque imminente de la flotte anglaise.

De leur côté, Bourbon-Condé et Lacroix vont rencontrer le Cardinal pour leur faire part de leurs découvertes, notamment quant au rôle joué par D’Ornano dans ce qui ressemble à un futur coup d’État.

Ponthieu et Mehmet arrivent et sont reçus cordialement par Jean Caylar d’Anduze de Saint-Bonnet, seigneur de Toiras, chef de camps du régiment de Champagne. Il faut dire que l’uniforme de mousquetaire du Comte de Ponthieu constitue une lettre d’introduction dès plus efficaces. Ne se reposant jamais sur leurs lauriers, nos amis se mettent à l’œuvre en parcourant l’île pour y déceler les endroits les plus propices à un débarquement. La plage sablonneuse de Sablenceaux leur semble la plus propice à établir une tête de pont pour les forces anglaises.

Bourbon-Condé et La Croix ne chôment pas non plus. Dès leur rapport, ils informent le Cardinal qu’ils vont rejoindre leurs amis. Geneviève est également du voyage. Nul ne sait toutefois comment la brave Provençale a réussi à réunir autant de victuailles, en si peu de temps. Cela dit, la lettre d’introduction rédigée par le Cardinal a un effet immédiat sur Toiras.

Arrivés sur place, l’œil d’aigle, ou plutôt d’aiglonne, de Bourbon-Condé note la présence d’un visage familier parmi les soldats, le fourbe Scippio, anciennement au service de Concini, qui se fait désormais appelé Flavien. Le scélérat reste prêt de son jeu et convainc même Mehmet que les années l’ont amené à amender sa conduite, malgré le scepticisme de La Croix. Bourbon-Condé se propose de l’épier.

Les voiles anglaises sont repérées et les troupes de Sa Majesté Très Chrétienne se mettent en branle pour les affronter sur la plage de Sablenceaux, comme l’avaient prévu nos amis. Près de 100 navires anglais participent au débarquement.

Pendant la bataille, Bourbon-Condé note que Scippio alias Flavien se dirige vers une petite fortification en bois et voit l’éclat d’acier d’une lame. Rapidement, avec l’aide du reste de la bande, elle se lance à l’assaut du scélérat, manifestement prêt à exécuter quelque traîtrise. Une canonnade rend toutefois la chose plus difficile que prévu.

Effectivement, Scippio a déjà tué trois des quatre soldats assignés à la garde, avant d’être surpris par Bourbon-Condé. Après une brève défense, l’ancien sbire de Concini fuit. Mehmet et Bourbon-Condé le poursuivent tandis que Ponthieu et La Croix assument la défense du fortin, contre une vingtaine d’Anglais.

Le fourbe assassin est rattrapé, pendant que La Croix, dénué de toute expérience militaire, réussit néanmoins à faire œuvre utile avec son mousquet.

Les Anglais sont cependant trop nombreux et réussissent à débarquer, mais en payant un lourd tribut en vies humaines. Toiras ordonne à ses troupes de se retrancher à la Citalle de Saint-Martin-de-Ré et de se préparer au siège qui s’ensuivra.

Scippio est interrogé vigoureusement par nos amis, peu sympathiques au scélérat, lequel les informe que ses services furent retenus par la Duchesse de Chevreuse, suite à une recommandation du maître de la garde-robe. Son point de contact était toutefois d’Ornano, qu’il devait rencontrer dans un petit village une fois sa mission accomplie. Celle-ci impliquant, entre autres, l’assassinat de Toiras. Un petit billet est produit pour prouver les dires de l’assassin. Les héros, forts de ces révélations, consentent à laisser la vie sauve à l’assassin, qu’ils enjoignent de quitter la France pour toujours.

Constatant que le devoir les appelle ailleurs, nos amis décident de quitter le fort. Pour ce faire, ils s’invitent au camp de Buckingham, avec qui ils discutent, usant ici de flatterie, là de séduction. Malgré l’opposition de l’antipathique Lord Burnaby, le favori du roi anglais accepte de les laisser quitter l’Île de Ré.

View
1626, chapitre IV: Au pays des Anglois
Où l'on retrouve de vieilles connaissances

Nos amis arrivent à Londres le matin même de la journée où est prévue la pendaison de l’espion du Cardinal. Déjà, l’échafaud est dressé et des vendeurs ambulants s’installent afin de servir à la foule qui se massera bientôt sur la place.

Très vite, ils se divisent la tâche : La Croix s’occupe de déterminer les endroits les plus appropriés pour tenir une embuscade, tandis que Bourbon-Condé, sous l’habit d’un prêtre catholique, est introduit dans la Tour de Londres où se trouve la cellule de l’espion. Celui-ci s’avère à être nul autre que Rosaire, cet ancien servant de Concini! Évidemment, le fin renard refuse de délivrer ses secrets tant qu’il n’est pas en sécurité.

Avec l’aide de Mehmet, Bourbon-Condé s’invite aussi chez le Duc de Buckingham, dont le palais comprend un portrait immense (et fort réussi, faut-il le préciser) de la Marquise des Îles. Il explique que, d’ici trois jours il partira avec une flotte vers la France. La rencontre est écourtée, à dessein, par l’Ottoman qui ne trouve rien de bien sain au duc.

De son côté, Ponthieu va s’assurer des bons services de l’ambassadeur français auprès de la cour de Charles II. Des chevaux et un bateau seront mis à la disposition du groupe assure ce plénipotentiaire.

La Croix et Ponthieu se mettent à l’attaque contre l’escorte de Rosaire et, avec l’aide de Bourbon-Condé et de Mehmet, se défont rapidement de la douzaine de garde et du sergent. Une figure sombre est entrevue, espionnant la scène. Sans prendre son souffle, Mehmet se lance à sa poursuite et finit par la rattraper. Stupeur! Il s’agit de la demoiselle de compagnie (les mauvaises langues diraient espionne de service) de la Duchesse de Chevreuse et nul autre que la nièce de Monsieur de Châteauvieux. La garcelette est amenée avec le groupe, bien qu’assommée brutalement par La Croix qui se retient cependant de la tuer, par respect envers l’oncle de la demoiselle.

Une fois en sécurité dans la mère patrie, Rosaire livre son information : le Maréchal d’Ornano est venu requérir du roi anglais de l’aide afin de remplacer Louis XIII par son frère Gaston. En échange, il lui promet l’aide d’une flotte qui l’aidera à capturer l’île de Ré, sur laquelle est sise un fort empêchant les Anglais de prendre La Rochelle.

La jeune Anne Clarrisse se défait de ses liens et quitte en douce, laissant un message à Monsieur de La Croix lui assurant qu’elle ne lui tient pas rancune de sa conduite passée.

Le temps presse et nos amis mettent le cap en direction de l’Île-de-Ré.

View
1626, chapitre III, Partons la mer est belle
Où la chance joue contre nos amis

La Manche se dressait entre nos amis et l’espion qu’ils devaient récupéré.

Il fut décidé de louer un bateau, ou devrais-je plutôt dire, emprunter un bateau, sans avoir requis préalablementy le consentement de son propriétaire. Certes, ce comportement pouvait paraître douteux pour des gens de bonne famille, mais il y a lieu de préciser qu’il ne s’agissait que d’une demi-faute, puisque Scorailles laissa une substantielle indemnité au pêcheur lésé, laquelle permettrait à ce dernier de se pourvoir d’une nouvelle barque et de vivre confortablement pour plusieurs mois.

Le vent, initialement favorable, devint moins amène à mesure que la barque prenait le large. Bientôt, l’esquif fut submerge par des flots et commenca à couler, malgré les efforts d’écopage de tous. C’est donc à titre de naufragés que nos amis gagnèrent la terre anglaise. Le pauvre Mehmet était ereinté.

Des montures furent pris dès que possible et nos amis chevauchèrent à bride abattue vers Londres. La guigne s’acharna sur Scorailles dont le cheval fit une chute, entraînant dans la boue son cavalier, ou plutôt, sa cavalière.

En effet, la perruque et la fine moustache de Scorailles tombèrent de sa tête pour reveler la fine chevelure blonde de Mlle de Bourbon-Condé! Scoraille et elle-même ne faisaient qu’un! La surprise de ses compagnons fut grande, mais on constata néanmoins une nette amelioration subséquente de l’attitude de La Croix envers Scoraille.

Finalement, les murailles de Londres se dressaient devant nos amis.

thames_london_view_of_1633a.jpg

View
1626, chapitre II, Saint-Dyé-sur-Loire
On l'on est pas sorti de l'auberge

Nos amis arrêtent pour la nuit à une auberge sise à Saint-Dyé-sur-Loire, village adjacent à la route royale. Il faut dire qu’ils sont fourbus, ayant chevauché toute la journée sans pause aucune.

L’auberge est à moitié pleine. La Croix repère un homme qui semble surveiller davantage le groupe. L’indiscret détale lorsque La Croix s’approche de lui. Hélas, sous le couvert des bois, le bretteur perd la piste du guetteur. Il perçoit toutefois le hennissement d’un cheval qui part au galop vers l’Ouest. Mehmet, de son côté, soudoie l’aubergiste afin qu’il reste discret sur les chambres louées.

Pendant la nuit, le Turque taciturne perçoit une odeur de fumée. L’écurie brûle et l’incendie se propage à l’auberge! Hurlant pour avertir ses compagnons, Mehmet réussit à forcer la porte, laquelle était bloquée par quelque meuble placé à dessein pour empêcher son ouverture. Pendant ce temps, Ponthieu, La Croix et Scorailles sautent à travers la fenêtre, que pour se faire canarder par des tireurs embusqués.

Fort heureusement, la mousquetade fait long feu et la riposte de nos amis est rapide, vigoureuse et énergique. 11 malfrats sont mis en état de nuire, les trois autres réussissent cependant à s’enfuir. un bref interrogatoire permet de déterminer qu’une jeune femme aux cheveux foncés avait engagé cette bande pour mettre feu à l’écurie, mais que, quelques minutes plus tard, un homme leur a offert le double de la somme promise afin de tuer nos amis.

Mehmet, Ponthieu, La Croix et Scorailles marche de longues heures vers le prochain relai pour y prendre des chevaux. La route vers Calais se fait sans encombre. Par contre, dès leur arrivée dans cette ville, une surprise de taille guette nos amis: le gouverneur, un proche de la duchesse de Chevreuse, a déclaré quarantaine et ne laisse aucun navire sortir du port.

Comment traverser la Manche? Le temps presse.

View
1626, chapitre I, Une mission à l'anglaise
Où l'on renoue avec nos amis

Par respect pour nos lecteurs, revenons tout d’abord sur un bien triste événement survenu à l’hiver.

Le Vicomte de Joigny, aux prises avec une féroce grippe, sentait ses dernières heures venir et fit quérir ses compagnons d’aventures par l’entremise de Mehmet, fidèle serviteur de sa fille Daphnée.

Mehmet accouru à Paris, non sans avoir pris une modeste chambre dans une auberge manifestement mal famée si on se fit aux bruits que commirent certains fêtards. L’Ottoman resta cependant coït dans sa chambre, préférant éviter une confrontation inutile.

L’émérite vieillard livra à ses amis un plaidoyer quelque peu confus, mais non dépourvu d’émotion, quant aux dangers qui guettaient la couronne de France, pour laquelle il avait dédié sa vie. Joigne trépassa sous peu, non sans avoir légué par testament tous ses avoirs à Daphnée et un confortable pécule au Turque taciturne.

Quoi qu’il en soit, nous retrouvons nos amis en mai 1626.

Ponthieu terminait son service quand il aperçut la fort charmante duchesse de Chevreuse, en discussion avec une jeune dame aux cheveux foncés. Marie de Rohan demanda au preux mousquetaire (car il était maintenant lieutenant de cet ordre) de l’escorter jusqu’à l’hôtel particulier du maréchal d’Ornano. La ravissante duchesse plaida qu’elle avait reçu de curieuses menaces par écrit et qu’elle craignant le pire. Le mousquetaire accepta incontinent.

Le voyage, dans la calèche de la duchesse fut fort agréable pour Ponthieu, la duchesse lui manifestant un grand intérêt. Le périple fut cependant gâché quelque peu par des tirs d’armes à feu, qui ne firent cependant pas mouche, sauf pour blesser légèrement le cocher.

Le Cardinal de Richelieu quérit Bourbon-Condé et La Croix au sein du palais cardinal afin de leur confier une mission: un de ses espions venait de se faire arrêter à Londres et serait pendu sous peu. Or, cet espion avait de l’information précieuse aux yeux du Cardinal. Ce dernier voulait donc que son espion ou, au pis aller, son information, reviennent sains et saufs. Si l’ambassadeur de France pouvait retarder de quelques jours l’exécution du malheureux, le temps devrait presser. Il fut suggérer que Grégoire de Scorailles, fiancé de Bourbon-Condé participe à l’expédition, tout comme Mehmet, dont on se souvenait des talents de marin.

Ponthieu accepta de participer, sans trop s’embrasser de connaître les détails, bien qu’il fut quelque peu déçu de la discrétion exigée pour mener à bien cette mission. Mehmet accepta également, par curiosité et désir d’aventure. Il faut dire que Daphnée, contrairement à feu son père, se révéla plus proche du Cardinal que l’on aurait pu penser.

Le lendemain matin, le groupe partit à cheval, se rendant jusqu’à Saint-Dyé-sur-Loire.

View
1625- Rififi à Venise
Où la première de l'Arianna s'avère fort mémorable

Non loin des murs du couvent où était retenue Dafne, nos amis dressèrent un plan d’action et se lancèrent à l’ouvrage.

Agile comme un chamois, La Croix gravit le mur et descendit dans le jardin, évitant les gardes qui discutaient de chose et d’autre, dont l’arrivée prochaine d’esclavagistes turcs. Le maître d’armes de France mit hors de combat les gardiens de la porte extérieure et put ouvrir celles-ci.

De Joigny et Ponthieu firent une entrée bruyante et attirèrent l’attention des gardiens vers eux, pendant ce temps, La Croix et de Bourbon-Condé, déguisée en soeur, tentèrent de trouver Dafné.

Ponthieu n’eut aucune difficulté à grimper vers le parapet pour rejoindre ses adversaires, pendant que Joigny tirait du pistolet à qui mieux-mieux (bien que sa tentative d’intimider eu moins de succès).

Bourbon-Condé, travestie en nonne, était si convaincante que la Mère supérieure lui ordonna e s’assurer que la prisonnière de la cellule 17 ne s’échappe pas. Sourire en coin, la belle marquise s’avança pour délivrer Dafné, une religieuse présentant de nombreux airs de famille avec le vicomte de Joigny.

La Mère supérieure releva ses manches et décrocha un coup de poing terrible au vieux vicomte. Ce dernier, généralement hostile aux vieilles harpies et encore plus à celles qui le menancent, répliqua avec un coup de feu qui mit fin à l’assault de colossale mégère.

Tous fuirent ensuite les lieux avant d’y faire d’autres rencontres malheureuses. Si le vicomte fut initalement réticent à expliquer son histoire familiale, la pression exercée par quelques commentaires de La Croix lui firent dire quelque chose. Le vieux chevalier continue cependant à garder le silence sur sa paternité de la religieuse.

Dafné expliqua que le sénateur et l’ambassadeur espagnol de Cueda se donneraient rendez-vous lors de la première de l’Arianna du compositeur Monteverdi. Misère! La première commencerait sous peu.

Nos amis firent appel à Monsieur de Châteauvieux, dont la Croix se rappelait l’intérêt pour l’opéra, qui les invita dans sa loge, trop heureux d’avoir des compatriotes avec qui discuter.

Tous portèrent attention à ce qui se déroulait dans la loge du sénateur. C’est avec un mélange d’appréhension et d’intérêt que La Croix et Bourbon-Condé apperçurent Alvarro Pietro de Santos dans la loge du sénateur.

Tous passèrent à l’action, prétextant qu’il fallait “absolument” que Châteauvieux soit présenté au sénat. De bonne nature, l’ancien géolier mais toujours épicurien se prêta à l’exercice.

Dafné voulut se joindre, mais Joigny lui ordonna de ne pas se mêler à ça. Lorsque la religieuse voulut protester, le vieil homme sortit sa dernière arme: son autorité paternelle! De son côté, Bourbon-Condé se dirigea vers les coulisses.

Après s’être occupé des Suisses mercenaires (même Châteauvieux participa à l’effort collectif), nos amis pénétrèrent dans la vaste loge,

l’ambassadeur lança alors un rouleau de plans à Alvarro qui saisit un cable pour quitter les lieux, survolant la foule. De La Croix le suivit et les deux adversaires de toujours atterirent sur la salle, devant un public surpris et bouche bée. De la Croix démontra un certain talent de chorégraphie martiale, mais l’Espagnol était paralysé par tant de regards dirigés vers lui. Pendant que Monteverdi s’arrachait les cheveux, Bourbon-Condé saisit aisément les plans de sa main et tous fuirent Venise.

La Valteline ne tomberait pas aux mains des Habsbourg!

De son côté, Monsieur Châteauvieux fut honoré par le roi pour sa démarche efficace.

View
1625- De Paris à Venise
Où la Sérénissime est loin d'être sereine

Commotion au Louvre

Désormais lieutenant des Gardes du corps du Roi, Ponthieu est attiré par le bruit d’une commotion à l’une des entrées du Louvre.

Un homme habillé à l’orientale gesticule et parle dans un langage incompréhensible. Dans sa main, il exhibe un anneau. Les gardes, qui ne comprennent rien à son charabia, sont près de tirer les armes.

Ponthieu tente de calmer le jeu et remarque que l’anneau porte la devise de la famille Joigny, Cominus et eminus (de près comme de loin). Un garde fait remarquer à Ponthieu que le Turc parle italien. Ne parlant point cette langue, Ponthieu tente de trouver un interprète. Il appert que le Turc n’exige rien de moins que de rencontrer Sa Majesté Chrétienne!

Ponthieu fait mander Joigny, devenu membre du conseil du roi. Fort heureusement, Joigny comprend l’italien et peut saisir que le Turc est venu de Venise pour expliquer qu’un sénateur, un dénommé Venditti, entend vendre les plans de bataille de la campagne de la Valteline aux Habsbourg. Le Turc, se prénommant Mehmet, est parti de Venise, à la demande d’une certaine Dafne, laquelle aurait été emprisonnée dans un couvent.

Quant à l’anneau, Joigny le reconnaît immédiatement, bien qu’il garde le silence sur le sujet.

Ponthieu entend l’un des gardes discuter de la présence du Turc avec des hommes, visiblement intéressés à sa présence.

Joigny réunit ses amis et la décision est prise rapidement : tous irons à Venise pour tirer cette affaire au clair et empêcher le sénateur félon de compromettre la campagne militaire dans la Valteline. Il prend connaissance de certains faits et du nom de l’ambassadeur de France à Venise.

Le maître d’armes de France La Croix en informe le Cardinal Richelieu, lequel comprend immédiatement l’importance de l’affaire. En plus d’octroyer et de faire octroyer les autorisations requises, le Cardinal envoie douze gardes du corps pour servir d’escorte jusqu’aux frontières du royaume.

Embuscade à l’autrichienne

Près de Grenoble se trouve une auberge fort charmante, tenue par une petite femme un peu écornifleuse et son mari, un être velu, désagréable, mais soumis appelé Claude.

Nos amis arrêtent à cette auberge. Ponthieu remarque que l’arrêt à l’auberge coïncide avec le départ précipité d’un cavalier. Ponthieu rattrape ce dernier et réussit à le capturer. Le cavalier, dans un mauvais français, avoue être l’éclaireur pour une troupe de mercenaires qui ont ordre de capturer les personnages. Ponthieu le relâche en l’avertissant de quitter la contrée rapidement.

Après une bonne nuit, nos compagnons d’aventure décident d’attaquer de front les mercenaires. Suite à une maladresse de Joigny l’effet de surprise est cependant raté. Le vieux soldat, avec la moitié des gardes du corps, attaquera l’aile gauche des mercenaires, tandis que l’autre moitié, dirigée par Ponthieu s’occupera de l’aile droite.

De leur côté, Bourbon-Condé et La Croix s’occuperont des troupes qui pourraient venir de l’arrière.

La stratégie montre ses fruits et les mercenaires sont en déroute.

La Croix réussit de fait à s’occuper du chef mercenaire, un cavalier par ailleurs fort courtois et aimable, qui expliquera tout de go sa mission.

La route vers Venise est libre!

Arrivée à Venise

Après un trajet sans incident à travers la Savoie et certains petits royaumes italiens, nos amis arrivent dans la cité des Doges.

Mehmet, un homme manifestement de peu de mots, indique que Dafne est prisonnière au Convento del Chiesa del Corpus Domini. Selon la rumeur, certaines des jeunes filles qui y sont emprisonnées servent de monnaie d’échange aux Turcs pour libérer des Chrétiens capturés par ces derniers.

Le couvent semble faire l’objet d’une protection de soldats vénitiens.

Pendant ce repérage, nos amis sont reconnus avec joie par Ephrem Griot de Châteauvieux, en visite à travers les royaumes italiens, qui ne peut s’abstenir de partager une des savoureuses anecdotes dont il a le secret.

Bourbon-Condé décide de rencontrer la mère-supérieure, une armoire à glace humaine, se faisant passer pour une mécène. Elle obtient quelques informations sur la nature des pensionnaires du couvent, mais sans plus.

View
1625, prologue I - Il y a bien longtemps
Où l'on narre une bien triste histoire

Alors qu’un grand feu brûlait dans l’âtre de la cheminée, un jeune gentilhomme posait un regard attendrissant sur le ventre arrondi de son épouse.

« Patience, ma mie, j’ai mandé le meilleur médecin de Bourgogne, pour s’occuper de vous » dit le jeune homme.

« Auger! » héla-t-il, mais personne ne vint. La maison était en fait étrangement silencieuse. Ce n’était guère le silence de la quiétude, mais celui de la mort qui rôdait autour.

Le jeune tenta maladroitement de dissimuler l’inquiétude qui le gagnait, mais porta la main à sa rapière, emmenant sa femme vers l’escalier qui montait plus haut.

Alors qu’il montant les marches, des assaillants arrivèrent par une porte, bien armés, le jeune homme était brave, mais devant le nombre ne faisait point le poids et son corps fut rapidement transpercé par les lames et s’effondra.

Sa vue fut brouillée par le sang, il perçut le visage de deux de ses assaillants, son beau-père et son beau-frère, il vit également sa femme passé à travers une fenêtre et s’élancée dans le vide, se donnant ainsi la mort, puis il vit ensuite le feu envelopper sa résidence. Il se rappelle avoir été tiré dehors du brasier, puis d’avoir été en convalescence par des paysans.

Sur la tombe de la femme, on retrouve simplement le prénom Isabeau. Le patronyme a été masqué par une couche de plâtre appliquée ultérieurement.

View
1619, chapitre VI - Finale
Où différentes unions produisent des fruits

Sitôt leur rapport fait, nos amis émérites repartirent vers le comté de Ponthieu, pour délivrer Fleurette.

Par contre, entre temps, la charmante Duchesse de Luynes s’entretint avec Ponthieu, le convainquant qu’elle pourrait aider Fleurette, si des amis de Ponthieu prétendaient qu’il était mort. Le jeune homme, troublé par la voix douce de la duchesse, accepta cette offre qui, comme on le verra plus loin, s’avérera bien peu chrétienne.

L’œil alerte, le vicomte de Joigny remarqua la chaise du porteur dans laquelle était assise la mystérieuse personne qui avait lancé des pièces de monnaie, à son retour à Paris. Le vieil homme mena son cheval vers la chaise et remarqua qu’elle était occupée par un religieux. Concluant qu’il s’agissait d’un fidèle du duc de Lerme, le chevalier n’hésita point à narguer ce religieux. Mal lui en pris, car il s’agissait du Père Arnoux, le confesseur du roi.

De son côté, Bourbon-Condé entrevit le mystérieux Rosaire, occupé à quelque besogne connue de lui seul et Dieu (ou le diable, c’est selon).

La duchesse et Joigny, ainsi qu’à leur insu, la Croix partirent vers le comté de Ponthieu. Après avoir constaté que la captive n’avait pas souffert de viles tortures, Joigny narra la mort de Ponthieu en des termes assez particuliers. Ce conte devait servir à laisser planer un doute, à l’insu de Marie de Rohan. Hélas, Fleurette, accablée par la peine et croyant naïvement qu’un gentilhomme comme Joigny ne mentirait jamais, fut convaincue du trépas de celui qu’elle aimait.

La duchesse passa à l’action et lui fit signer une renonciation à son héritage provenant de ses « parents », les Concinis. À quoi bon! se disait Fleurette, lasse, en tenant la plume fatidique.

La duchesse quitta, mais Joigny resta, prétextant être trop âgé pour faire un retour plus rapide.

Nos héros pouvaient mettre leur plan en action, mais celui-ci s’avéra plus compliqué quand le duc de Lerme et le bretteur Santos arrivèrent au château.

Après avoir brièvement vu sa sœur, Ponthieu réussit traquer son vil cousin vers le donjon central. Bourbon-Condé engagea le duc de Lerme, la Croix s’afféra à tirer l’épée contre son adversaire de toujours et Joigny s’occupait de la piétaille, dont l’hideux Flaguet.

La bataille fut longue, mais un curieux événement mérite qu’on y consacre quelques mots.

Sentant la victoire lui échappée, Chambrai prit Fleurette et menaça de la lancer par-delà le muret de la tour. Le Flaguet trahit alors son maître et mit à terre ce dernier. Effectivement, la brute avait été touchée par la gentillesse de Fleurette, tout à l’opposé du caractère de son geôlier.

Chambrai eut le cœur transperçé par la lame de Ponthieu, le Duc de Lerme eut aussi sa mort. Seul restait Alvarro. Celui-ci brisa son épée, conscient d’avoir été vaincu par La Croix. Le Flauget eut la vie sauve.

La surprise fut complète quand Rosaire, fidèle à lui-même, exhiba le testament démontrant que Ponthieu était le véritable héritier de son domaine. Lui et Fleurette furent unis dans un mariage qui, sans être des plus opulents, s’avéra être fort agréable.

Quelques jours plus tard, Mademoiselle Adelaïde de Bourbon-Condé et Monsieur Joseph Antoine de la Croix de Castre furent invités par Richelieu pour discuter d’affaires. Difficile de dire ce qui résulta de cet entretien, si ce n’est que l’ascension de l’évêque de Luçon fut fulgurante. En 1622, il devint Cardinal, fit son entrée au conseil des ministres en 1624 dont il devient rapidement premier ministre.

De son côté, Joigny restait soucieux. Quelques années plus tard, ses amis comprirent pourquoi.

fin

View
1619, chapitre V - Retour à Paris
Où l'on vogue autant sur l'eau que sur les sentiments

Nos amis se réveillèrent dans une geôle humide. Le marquis de Laforce, enragé d’avoir vu sa femme succomber aux charmes de Ponthieu, vint narguer ce dernier. Accompagnant le gouverneur, le duc de Lerme soupirait intérieurement. Mal lui en pris. Bourbon-Condé, déguisée en garde, réussit à lui mettre une dague sur le ventre. À son grand regret, le gouverneur accepta de libérer nos compagnons. Ceux-ci quittèrent prestement, bien que la jeune dame n’hésite pas à couper une partie de l’oreille du duc. Un tel geste était-il motivé par la vengeance, par la provocation ou par désir de servir d’ultime avertissement au cardinal espagnol de cesser ces intrigues? Ce mystère reste, à ce jour, l’objet de vifs débats parmi les historiens du Grand siècle.

Cela dit, nos héros n’étaient pas au bout de leur peine. Les soudards du gouverneur à leur trousse, ils réussirent à rejoindre le voilier du Duc de Buckingham, moyennant le serment de ne rien révéler sur les agissements anglais à La Rochelle.

Alors que Bourbon-Condé fit plus amplement connaissance avec le favori du roi anglais, ces collègues profitèrent du voyage pour panser leur plaie et admirer la cote occidentale du royaume.

Nos amis firent rapport au Prince de Condé et à l’Évêque de Luçon.

Hélas, le retour à Paris commençait par une triste nouvelle: Fleurette avait été enlevée du prieuré de Val-de-Grâce par Philippe Savignac de Chambrai.

View

I'm sorry, but we no longer support this web browser. Please upgrade your browser or install Chrome or Firefox to enjoy the full functionality of this site.