De cape et d'épée

1617, chapitre I - la rue Saint-Honoré

Un matin d'hiver pas comme les autres

Geneviève, brave servante, s’il en est une, était tôt le matin en train effectuer quelques achats pour la maison qui l’employait. Elle s’engouffra dans la foule parisienne pour se diriger vers les halles.

Arrivée rue Saint-Honoré, la servante constate que les soudards du maréchal d’Ancre traînaient vers une potence un homme portant un rosaire autour du cou. L’un des sbires reste derrière et va vers une jeune femme, nous reviendrons à celui-ci ultérieurement.

De la foule, un homme âgé, main sur sa rapière se met entre la sinistre procession et la corde de chanvre.

Cet homme, qu’on dit être le Vicomte de Joigny, exige des explications quant à la pendaison d’un pauvre servant de Dieu. Les soudards ne coopèrent pas et, bien au contraire, le narguent et ui font des menaces. Le chevalier de Joigny sort sa rapière et bouscule l’un des matamores. Les autres répondent. La foule, après qu’il en est appelé à elle, se met du côté du héro de guerre et, le voyant en mauvaise posture, prend sa défense, invective copieusement les servants de Concini. La tempête verbale se transforme très vite en émeute!

Hélas, Geneviève n’est pas omnisciente et ne voit pas que De Joigny, rapide comme l’éclair, ne prend qu’une seconde pour prendre Rosaire par le cou et l’amener dans une venelle à l’écart. Elle ne l’entend pas lui demander de lui donner quelques explications moyennant un copieux déjeuner à l’auberge où il loge.

Revenons au soudard qui était resté à l’écart.

Bien que Geneviève ne l’ait pas vu, le ferblantier Maître Paulin, dont on sait qu’il ne boit presque pas, l’a vu et c’est tout comme, du moins, c’est ce qu’elle nous assure. Le bravo se dirige vers la belle bouquetière, dont on admire à la fois sa beauté et celle de ses fleurs, séchées vu que nous sommes en saison froide.

Le soudard, le Baron de Raspaillan, n’est guère délicat. Il prend celle que l’on surnomme Fleurette, par le cou et tente d’amener ses lèvres vers les siennes. Ayant vu la chose, un des gardes du corps du Roi, aujourd’hui en pause, passe à l’action. La belle Fleurette est projetée dans la fange, alors que les deux hommes sortent leur épée. De Raspaillan ayant décidé qu’il serait agréable que ce chevalier blanc autoproclamé périsse devant sa belle.

Le duel est cependant rapidement interrompu pour cause de force majeure. Du moins, bien des avocats au Parlement seraient d’avis de qualifier ainsi une foule en furie qui poursuit les soudards du Maréchal d’Ancre. De Ponthieu, le garde du corps, saisit délicatement la jeune femme et l’écarte de la foule. Maître Paulin, contrairement à nous, ignore cependant que De Ponthieu avait immédiatement reconnu en la bouquetière la jeune fille qui l’a sauvé autrefois.

Fleurette remercie son sauveur de son service, mais refuse catégoriquement une escorte de ce dernier. À cet effet, elle est très froide. Peut-être honteux de vivre dans un petit grenier, De Ponthieu l’invite à le contacter par billet laissé à l’hôtel du marquis de Vitry, son capitaine.

Geneviève réserve sa dernière visite pour l’oribusier, Maître Bastelet, un charmant quinquagénaire au commerce agréable.

Trève d’indiscrétions, revenons à nos héros.

Pendant que Geneviève entre dans l’échoppe de l’oribusier, la monture d’un cavalier prend soudainement peur, rue et se lance à toute vitesse dans une petite rue étroite. Le cheval entre en collision avec une charrette et se brise une jambe. Le cavalier est projeté par-dessus bord. Joseph Antoine de la Croix assiste à la scène et décide d’aller porter secours au malchanceux, en l’aidant à se relever. La victime n’est nulle autre que le roi Louis XIII.

De la Croix et la roi n’ont pas le temps de faire des présentations. La foule se rue dans la petite ruelle, assoiffée du sang d’un servant de Concini! Le bretteur sort son épée et commence à intimider la petite meute. Les vilains reculent et deviennent rouge de honte lorsqu’ils constatent que De la Croix protégeait le roi, à qui ils demandent pardon.

L’escorte royale, menée par De Luynes arrive immédiatement. De la Croix distingue clairement la jalousie dans les yeux du fauconnier. Le Roi, qui n’a rien vu de cela, offre à De la Croix une bourse remplie de pièces et lui offre de l’escorter jusqu’au Louvres, ce que l’ancien bravo de Concini accepte avec une joie non feinte, surtout que Sa Majesté lui offre le cheval comme cadeau.

Et Geneviève, elle? Et bien, une fois ses courses faites, elle rentre à l’Hôtel de Condi, s’assure que le déjeuner de sa maîtresse est prêt et raconte à cette dernière tout ce dont elle a vu ou entendu parler ce jour-là.

Mademoiselle De Bourbon-Condé décide d’aller visiter De Joigny. À cette fin, elle identifie rapidement où le victomte demeure et va l’approcher, restant dans l’ombre pour ne pas être vu par son interlocuteur.

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