De cape et d'épée

1619, chapitre VI - Finale

Où différentes unions produisent des fruits

Sitôt leur rapport fait, nos amis émérites repartirent vers le comté de Ponthieu, pour délivrer Fleurette.

Par contre, entre temps, la charmante Duchesse de Luynes s’entretint avec Ponthieu, le convainquant qu’elle pourrait aider Fleurette, si des amis de Ponthieu prétendaient qu’il était mort. Le jeune homme, troublé par la voix douce de la duchesse, accepta cette offre qui, comme on le verra plus loin, s’avérera bien peu chrétienne.

L’œil alerte, le vicomte de Joigny remarqua la chaise du porteur dans laquelle était assise la mystérieuse personne qui avait lancé des pièces de monnaie, à son retour à Paris. Le vieil homme mena son cheval vers la chaise et remarqua qu’elle était occupée par un religieux. Concluant qu’il s’agissait d’un fidèle du duc de Lerme, le chevalier n’hésita point à narguer ce religieux. Mal lui en pris, car il s’agissait du Père Arnoux, le confesseur du roi.

De son côté, Bourbon-Condé entrevit le mystérieux Rosaire, occupé à quelque besogne connue de lui seul et Dieu (ou le diable, c’est selon).

La duchesse et Joigny, ainsi qu’à leur insu, la Croix partirent vers le comté de Ponthieu. Après avoir constaté que la captive n’avait pas souffert de viles tortures, Joigny narra la mort de Ponthieu en des termes assez particuliers. Ce conte devait servir à laisser planer un doute, à l’insu de Marie de Rohan. Hélas, Fleurette, accablée par la peine et croyant naïvement qu’un gentilhomme comme Joigny ne mentirait jamais, fut convaincue du trépas de celui qu’elle aimait.

La duchesse passa à l’action et lui fit signer une renonciation à son héritage provenant de ses « parents », les Concinis. À quoi bon! se disait Fleurette, lasse, en tenant la plume fatidique.

La duchesse quitta, mais Joigny resta, prétextant être trop âgé pour faire un retour plus rapide.

Nos héros pouvaient mettre leur plan en action, mais celui-ci s’avéra plus compliqué quand le duc de Lerme et le bretteur Santos arrivèrent au château.

Après avoir brièvement vu sa sœur, Ponthieu réussit traquer son vil cousin vers le donjon central. Bourbon-Condé engagea le duc de Lerme, la Croix s’afféra à tirer l’épée contre son adversaire de toujours et Joigny s’occupait de la piétaille, dont l’hideux Flaguet.

La bataille fut longue, mais un curieux événement mérite qu’on y consacre quelques mots.

Sentant la victoire lui échappée, Chambrai prit Fleurette et menaça de la lancer par-delà le muret de la tour. Le Flaguet trahit alors son maître et mit à terre ce dernier. Effectivement, la brute avait été touchée par la gentillesse de Fleurette, tout à l’opposé du caractère de son geôlier.

Chambrai eut le cœur transperçé par la lame de Ponthieu, le Duc de Lerme eut aussi sa mort. Seul restait Alvarro. Celui-ci brisa son épée, conscient d’avoir été vaincu par La Croix. Le Flauget eut la vie sauve.

La surprise fut complète quand Rosaire, fidèle à lui-même, exhiba le testament démontrant que Ponthieu était le véritable héritier de son domaine. Lui et Fleurette furent unis dans un mariage qui, sans être des plus opulents, s’avéra être fort agréable.

Quelques jours plus tard, Mademoiselle Adelaïde de Bourbon-Condé et Monsieur Joseph Antoine de la Croix de Castre furent invités par Richelieu pour discuter d’affaires. Difficile de dire ce qui résulta de cet entretien, si ce n’est que l’ascension de l’évêque de Luçon fut fulgurante. En 1622, il devint Cardinal, fit son entrée au conseil des ministres en 1624 dont il devient rapidement premier ministre.

De son côté, Joigny restait soucieux. Quelques années plus tard, ses amis comprirent pourquoi.

fin

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