De cape et d'épée

1625- Rififi à Venise
Où la première de l'Arianna s'avère fort mémorable

Non loin des murs du couvent où était retenue Dafne, nos amis dressèrent un plan d’action et se lancèrent à l’ouvrage.

Agile comme un chamois, La Croix gravit le mur et descendit dans le jardin, évitant les gardes qui discutaient de chose et d’autre, dont l’arrivée prochaine d’esclavagistes turcs. Le maître d’armes de France mit hors de combat les gardiens de la porte extérieure et put ouvrir celles-ci.

De Joigny et Ponthieu firent une entrée bruyante et attirèrent l’attention des gardiens vers eux, pendant ce temps, La Croix et de Bourbon-Condé, déguisée en soeur, tentèrent de trouver Dafné.

Ponthieu n’eut aucune difficulté à grimper vers le parapet pour rejoindre ses adversaires, pendant que Joigny tirait du pistolet à qui mieux-mieux (bien que sa tentative d’intimider eu moins de succès).

Bourbon-Condé, travestie en nonne, était si convaincante que la Mère supérieure lui ordonna e s’assurer que la prisonnière de la cellule 17 ne s’échappe pas. Sourire en coin, la belle marquise s’avança pour délivrer Dafné, une religieuse présentant de nombreux airs de famille avec le vicomte de Joigny.

La Mère supérieure releva ses manches et décrocha un coup de poing terrible au vieux vicomte. Ce dernier, généralement hostile aux vieilles harpies et encore plus à celles qui le menancent, répliqua avec un coup de feu qui mit fin à l’assault de colossale mégère.

Tous fuirent ensuite les lieux avant d’y faire d’autres rencontres malheureuses. Si le vicomte fut initalement réticent à expliquer son histoire familiale, la pression exercée par quelques commentaires de La Croix lui firent dire quelque chose. Le vieux chevalier continue cependant à garder le silence sur sa paternité de la religieuse.

Dafné expliqua que le sénateur et l’ambassadeur espagnol de Cueda se donneraient rendez-vous lors de la première de l’Arianna du compositeur Monteverdi. Misère! La première commencerait sous peu.

Nos amis firent appel à Monsieur de Châteauvieux, dont la Croix se rappelait l’intérêt pour l’opéra, qui les invita dans sa loge, trop heureux d’avoir des compatriotes avec qui discuter.

Tous portèrent attention à ce qui se déroulait dans la loge du sénateur. C’est avec un mélange d’appréhension et d’intérêt que La Croix et Bourbon-Condé apperçurent Alvarro Pietro de Santos dans la loge du sénateur.

Tous passèrent à l’action, prétextant qu’il fallait “absolument” que Châteauvieux soit présenté au sénat. De bonne nature, l’ancien géolier mais toujours épicurien se prêta à l’exercice.

Dafné voulut se joindre, mais Joigny lui ordonna de ne pas se mêler à ça. Lorsque la religieuse voulut protester, le vieil homme sortit sa dernière arme: son autorité paternelle! De son côté, Bourbon-Condé se dirigea vers les coulisses.

Après s’être occupé des Suisses mercenaires (même Châteauvieux participa à l’effort collectif), nos amis pénétrèrent dans la vaste loge,

l’ambassadeur lança alors un rouleau de plans à Alvarro qui saisit un cable pour quitter les lieux, survolant la foule. De La Croix le suivit et les deux adversaires de toujours atterirent sur la salle, devant un public surpris et bouche bée. De la Croix démontra un certain talent de chorégraphie martiale, mais l’Espagnol était paralysé par tant de regards dirigés vers lui. Pendant que Monteverdi s’arrachait les cheveux, Bourbon-Condé saisit aisément les plans de sa main et tous fuirent Venise.

La Valteline ne tomberait pas aux mains des Habsbourg!

De son côté, Monsieur Châteauvieux fut honoré par le roi pour sa démarche efficace.

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1625- De Paris à Venise
Où la Sérénissime est loin d'être sereine

Commotion au Louvre

Désormais lieutenant des Gardes du corps du Roi, Ponthieu est attiré par le bruit d’une commotion à l’une des entrées du Louvre.

Un homme habillé à l’orientale gesticule et parle dans un langage incompréhensible. Dans sa main, il exhibe un anneau. Les gardes, qui ne comprennent rien à son charabia, sont près de tirer les armes.

Ponthieu tente de calmer le jeu et remarque que l’anneau porte la devise de la famille Joigny, Cominus et eminus (de près comme de loin). Un garde fait remarquer à Ponthieu que le Turc parle italien. Ne parlant point cette langue, Ponthieu tente de trouver un interprète. Il appert que le Turc n’exige rien de moins que de rencontrer Sa Majesté Chrétienne!

Ponthieu fait mander Joigny, devenu membre du conseil du roi. Fort heureusement, Joigny comprend l’italien et peut saisir que le Turc est venu de Venise pour expliquer qu’un sénateur, un dénommé Venditti, entend vendre les plans de bataille de la campagne de la Valteline aux Habsbourg. Le Turc, se prénommant Mehmet, est parti de Venise, à la demande d’une certaine Dafne, laquelle aurait été emprisonnée dans un couvent.

Quant à l’anneau, Joigny le reconnaît immédiatement, bien qu’il garde le silence sur le sujet.

Ponthieu entend l’un des gardes discuter de la présence du Turc avec des hommes, visiblement intéressés à sa présence.

Joigny réunit ses amis et la décision est prise rapidement : tous irons à Venise pour tirer cette affaire au clair et empêcher le sénateur félon de compromettre la campagne militaire dans la Valteline. Il prend connaissance de certains faits et du nom de l’ambassadeur de France à Venise.

Le maître d’armes de France La Croix en informe le Cardinal Richelieu, lequel comprend immédiatement l’importance de l’affaire. En plus d’octroyer et de faire octroyer les autorisations requises, le Cardinal envoie douze gardes du corps pour servir d’escorte jusqu’aux frontières du royaume.

Embuscade à l’autrichienne

Près de Grenoble se trouve une auberge fort charmante, tenue par une petite femme un peu écornifleuse et son mari, un être velu, désagréable, mais soumis appelé Claude.

Nos amis arrêtent à cette auberge. Ponthieu remarque que l’arrêt à l’auberge coïncide avec le départ précipité d’un cavalier. Ponthieu rattrape ce dernier et réussit à le capturer. Le cavalier, dans un mauvais français, avoue être l’éclaireur pour une troupe de mercenaires qui ont ordre de capturer les personnages. Ponthieu le relâche en l’avertissant de quitter la contrée rapidement.

Après une bonne nuit, nos compagnons d’aventure décident d’attaquer de front les mercenaires. Suite à une maladresse de Joigny l’effet de surprise est cependant raté. Le vieux soldat, avec la moitié des gardes du corps, attaquera l’aile gauche des mercenaires, tandis que l’autre moitié, dirigée par Ponthieu s’occupera de l’aile droite.

De leur côté, Bourbon-Condé et La Croix s’occuperont des troupes qui pourraient venir de l’arrière.

La stratégie montre ses fruits et les mercenaires sont en déroute.

La Croix réussit de fait à s’occuper du chef mercenaire, un cavalier par ailleurs fort courtois et aimable, qui expliquera tout de go sa mission.

La route vers Venise est libre!

Arrivée à Venise

Après un trajet sans incident à travers la Savoie et certains petits royaumes italiens, nos amis arrivent dans la cité des Doges.

Mehmet, un homme manifestement de peu de mots, indique que Dafne est prisonnière au Convento del Chiesa del Corpus Domini. Selon la rumeur, certaines des jeunes filles qui y sont emprisonnées servent de monnaie d’échange aux Turcs pour libérer des Chrétiens capturés par ces derniers.

Le couvent semble faire l’objet d’une protection de soldats vénitiens.

Pendant ce repérage, nos amis sont reconnus avec joie par Ephrem Griot de Châteauvieux, en visite à travers les royaumes italiens, qui ne peut s’abstenir de partager une des savoureuses anecdotes dont il a le secret.

Bourbon-Condé décide de rencontrer la mère-supérieure, une armoire à glace humaine, se faisant passer pour une mécène. Elle obtient quelques informations sur la nature des pensionnaires du couvent, mais sans plus.

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1625, prologue I - Il y a bien longtemps
Où l'on narre une bien triste histoire

Alors qu’un grand feu brûlait dans l’âtre de la cheminée, un jeune gentilhomme posait un regard attendrissant sur le ventre arrondi de son épouse.

« Patience, ma mie, j’ai mandé le meilleur médecin de Bourgogne, pour s’occuper de vous » dit le jeune homme.

« Auger! » héla-t-il, mais personne ne vint. La maison était en fait étrangement silencieuse. Ce n’était guère le silence de la quiétude, mais celui de la mort qui rôdait autour.

Le jeune tenta maladroitement de dissimuler l’inquiétude qui le gagnait, mais porta la main à sa rapière, emmenant sa femme vers l’escalier qui montait plus haut.

Alors qu’il montant les marches, des assaillants arrivèrent par une porte, bien armés, le jeune homme était brave, mais devant le nombre ne faisait point le poids et son corps fut rapidement transpercé par les lames et s’effondra.

Sa vue fut brouillée par le sang, il perçut le visage de deux de ses assaillants, son beau-père et son beau-frère, il vit également sa femme passé à travers une fenêtre et s’élancée dans le vide, se donnant ainsi la mort, puis il vit ensuite le feu envelopper sa résidence. Il se rappelle avoir été tiré dehors du brasier, puis d’avoir été en convalescence par des paysans.

Sur la tombe de la femme, on retrouve simplement le prénom Isabeau. Le patronyme a été masqué par une couche de plâtre appliquée ultérieurement.

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1619, chapitre VI - Finale
Où différentes unions produisent des fruits

Sitôt leur rapport fait, nos amis émérites repartirent vers le comté de Ponthieu, pour délivrer Fleurette.

Par contre, entre temps, la charmante Duchesse de Luynes s’entretint avec Ponthieu, le convainquant qu’elle pourrait aider Fleurette, si des amis de Ponthieu prétendaient qu’il était mort. Le jeune homme, troublé par la voix douce de la duchesse, accepta cette offre qui, comme on le verra plus loin, s’avérera bien peu chrétienne.

L’œil alerte, le vicomte de Joigny remarqua la chaise du porteur dans laquelle était assise la mystérieuse personne qui avait lancé des pièces de monnaie, à son retour à Paris. Le vieil homme mena son cheval vers la chaise et remarqua qu’elle était occupée par un religieux. Concluant qu’il s’agissait d’un fidèle du duc de Lerme, le chevalier n’hésita point à narguer ce religieux. Mal lui en pris, car il s’agissait du Père Arnoux, le confesseur du roi.

De son côté, Bourbon-Condé entrevit le mystérieux Rosaire, occupé à quelque besogne connue de lui seul et Dieu (ou le diable, c’est selon).

La duchesse et Joigny, ainsi qu’à leur insu, la Croix partirent vers le comté de Ponthieu. Après avoir constaté que la captive n’avait pas souffert de viles tortures, Joigny narra la mort de Ponthieu en des termes assez particuliers. Ce conte devait servir à laisser planer un doute, à l’insu de Marie de Rohan. Hélas, Fleurette, accablée par la peine et croyant naïvement qu’un gentilhomme comme Joigny ne mentirait jamais, fut convaincue du trépas de celui qu’elle aimait.

La duchesse passa à l’action et lui fit signer une renonciation à son héritage provenant de ses « parents », les Concinis. À quoi bon! se disait Fleurette, lasse, en tenant la plume fatidique.

La duchesse quitta, mais Joigny resta, prétextant être trop âgé pour faire un retour plus rapide.

Nos héros pouvaient mettre leur plan en action, mais celui-ci s’avéra plus compliqué quand le duc de Lerme et le bretteur Santos arrivèrent au château.

Après avoir brièvement vu sa sœur, Ponthieu réussit traquer son vil cousin vers le donjon central. Bourbon-Condé engagea le duc de Lerme, la Croix s’afféra à tirer l’épée contre son adversaire de toujours et Joigny s’occupait de la piétaille, dont l’hideux Flaguet.

La bataille fut longue, mais un curieux événement mérite qu’on y consacre quelques mots.

Sentant la victoire lui échappée, Chambrai prit Fleurette et menaça de la lancer par-delà le muret de la tour. Le Flaguet trahit alors son maître et mit à terre ce dernier. Effectivement, la brute avait été touchée par la gentillesse de Fleurette, tout à l’opposé du caractère de son geôlier.

Chambrai eut le cœur transperçé par la lame de Ponthieu, le Duc de Lerme eut aussi sa mort. Seul restait Alvarro. Celui-ci brisa son épée, conscient d’avoir été vaincu par La Croix. Le Flauget eut la vie sauve.

La surprise fut complète quand Rosaire, fidèle à lui-même, exhiba le testament démontrant que Ponthieu était le véritable héritier de son domaine. Lui et Fleurette furent unis dans un mariage qui, sans être des plus opulents, s’avéra être fort agréable.

Quelques jours plus tard, Mademoiselle Adelaïde de Bourbon-Condé et Monsieur Joseph Antoine de la Croix de Castre furent invités par Richelieu pour discuter d’affaires. Difficile de dire ce qui résulta de cet entretien, si ce n’est que l’ascension de l’évêque de Luçon fut fulgurante. En 1622, il devint Cardinal, fit son entrée au conseil des ministres en 1624 dont il devient rapidement premier ministre.

De son côté, Joigny restait soucieux. Quelques années plus tard, ses amis comprirent pourquoi.

fin

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1619, chapitre V - Retour à Paris
Où l'on vogue autant sur l'eau que sur les sentiments

Nos amis se réveillèrent dans une geôle humide. Le marquis de Laforce, enragé d’avoir vu sa femme succomber aux charmes de Ponthieu, vint narguer ce dernier. Accompagnant le gouverneur, le duc de Lerme soupirait intérieurement. Mal lui en pris. Bourbon-Condé, déguisée en garde, réussit à lui mettre une dague sur le ventre. À son grand regret, le gouverneur accepta de libérer nos compagnons. Ceux-ci quittèrent prestement, bien que la jeune dame n’hésite pas à couper une partie de l’oreille du duc. Un tel geste était-il motivé par la vengeance, par la provocation ou par désir de servir d’ultime avertissement au cardinal espagnol de cesser ces intrigues? Ce mystère reste, à ce jour, l’objet de vifs débats parmi les historiens du Grand siècle.

Cela dit, nos héros n’étaient pas au bout de leur peine. Les soudards du gouverneur à leur trousse, ils réussirent à rejoindre le voilier du Duc de Buckingham, moyennant le serment de ne rien révéler sur les agissements anglais à La Rochelle.

Alors que Bourbon-Condé fit plus amplement connaissance avec le favori du roi anglais, ces collègues profitèrent du voyage pour panser leur plaie et admirer la cote occidentale du royaume.

Nos amis firent rapport au Prince de Condé et à l’Évêque de Luçon.

Hélas, le retour à Paris commençait par une triste nouvelle: Fleurette avait été enlevée du prieuré de Val-de-Grâce par Philippe Savignac de Chambrai.

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1619, chapitre IV - Une soirée haute en couleurs
Où l’on assiste à un bal mémorable

Les notables de Rouen ayant compris qu’ils avaient intérêt à se comporter comme de loyaux sujets du roi, le siège de leur cité fut levé. Ponthieu, suite à un commentaire de l’évêque de Luçon à l’effet que certains malavisés étaient au courant de la mission secrète de ses amis.

De Ponthieu arriva d’ailleurs à la Rochelle juste à temps pour voir un groupe de soldats assiégeait l’auberge de Dame Jacqueline dans le but d’arrêter nos amis. Ceux-ci prirent la fuite, non sans déplorer la traitrise de la tenancière qui ouvrit grand la porte aux miliciens réformés.

Après avoir semé les sbires les recherchant, nos compagnons revinrent à l’auberge. Joigny en profita pour sermonner Dame Jacqueline, n’hésitant pas à la gifler pour donner plus de poids à la leçon.

Trouvant refuge dans un autre tripot, nos amis partagèrent l’information reçue. Ponthieu alla en reconnaissance et fit croire au duc de Buckingham, qui passait par là recherchant Adelaïde, qu’il était le cavalier de celle-ci. Autre fait notable, le jeune garde du corps remarqua la présence d’Alvarro Pietro de Santos près du château.

Le bal était masqué et Ponthieu et De Bourbon-Condé s’y présentèrent, après avoir acquis des masques à fort prix. Joigny était grimé en domestique, tandis que La Croix réussit à tromper la vigilance des gardiens.

Bourbon-Condé passa une bonne partie de la soirée à danser avec le duc de Buckingham, réussit même à soutirer un peu d’information à celui-ci. L’ayant reconnue ou non, le Duc de Lerme dansa même avec la jeune femme, qui le reconnu.

De son côté, Ponthieu se lia avec Valérie de la Force, coquette femme désoeuvrée du marquis du même nom, qui, visiblement, appréciait fort la compagnie du jeune homme. Assez fort pour le trainer dans une alcôve.

Le duelliste la Croix cacha sa rapière et entreprit l’exploration du château. En grimpant dans le donjon, après avoir fait craindre le pire à deux gardes, il vit un scribe à l’œuvre, sous la garde attentive d’Alvarro.

Le combat commença. Armée uniquement de sa main-gauche, le Français réussit à casser la lame de la rapière de son adversaire. Les deux gardes remirent leurs armes aux duellistes qui continuèrent le combat. La rapière du Portuguais subit alors le même sort. L’homme fort du duc de Lerme continua le combat avec un tisonnier! L’issue était incertaine, mais c’est finalement Alvarro qui l’emporta, après avoir percé le corps de la Croix.

Joigny avait pris note de la bataille et, après quelques difficultés à disposer des deux gardes, put monter au sommet de la tour, lieu où s’était terminé le duel précédent, et fit feu sur De Santis. Celui-ci, grièvement blessé, put néanmoins réussir à prendre le vieux vicomte par le coup et le lança dans le vide. Le vicomte, après avoir vu sa chute freiner par le couvert de quelques arbres, s’affala sur le sable, sombrant dans l’inconscience.

L’alerte était donnée!

Ponthieu, seul, n’était pas en mesure de vaincre tous les adversaires. Sa fuite fut vaine et sa capture inévitable.

Seule Bourbon-Condé réussit à disparaître dans l’ombre.

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1619, chapitre III - Bons baisers de la Rochelle
Où espionnage, amour et hérésie font bon ménage

Les tensions religieuses reprennent de la vigueur à travers la France

Alors qu’une partie des gardes françaises, dont Ponthieu, accompagnent le roi au siège de Rouen, ville importante du mouvement religieux dit réformé, le Prince de Condé demande à sa nièce ainsi qu’à la Croix et à Joigny de tenter de trouver des informations concernant les réformés de La Rochelle. Ceux-ci acceptent.

Sur son départ vers La Rochelle, Joigny revoit la litière dans laquelle était celui qui avait lancé de la monnaie espagnole : il s’agit de celle du Père Arnoux, le confesseur du roi. Celui-ci semble avoir trouvé le ton du vicomte plutôt cavalier.

Le voyage vers La Rochelle se déroule sans encombre, bien que Bourbon-Condé reçoive une lettre de son oncle l’invitant à aller secourir un espion du roi capturé par les protestants. La lettre lui apparaît factice, bien qu’elle se garde d’en informer ses compagnons.

À l’auberge, Joigny se lie avec la tenancière, Dame Jacqueline. De son côté, le duc de Buckingham, en visite dans la cité portuaire, démontre un intérêt peu catholique (c’est le cas de le dire) envers la demoiselle Bourbon-Condé. Une réunion est tenue et celle-ci est invitée au bal, malgré que le vice-gouverneur de la Rochelle semble avoir de nombreux soupçons quant aux motifs expliquant la présence de la nièce d’Henri II dans ce bastion réformé.

De leur côté, la Croix et Joigny s’introduisent furtivement dans les navires du duc et du Cardinal de Saint-Sixte venu d’Espagne et découvrent des indices expliquant la présence de ces gens à la Rochelle : il semble que Sa Majesté Très Chrétienne (ou ses sympathisants) ait décidé d’offrir de l’aide à ceux qui abjurent le Pape. Chose certaine, le cardinal de Saint-Sixte n’est nul autre que le duc de Lerme.

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1619 - chapitre II: les vertus du centre
Où se lient d'actuels héros à un futur cardinal

Nos amis déclinent l’offre de d’Épernon, mais débattent néanmoins de la voie à suivre.

Bourbon-Condé, la Croix et Ponthieu décident de rejoindre Avignon et de prendre contact avec l’Évêque de Luçon. Le chemin est périlleux, car leur arrestation a été demandée par le favori du roi, Luynes.

L’évêque les reçoit et les invite à faire partie de sa suite. Il a été mandaté par le roi pour agir à titre de conciliateur entre le parti de ce dernier et celui de la reine-mère, libérée par le duc d’Épernon.

De son côté, Joigny montre sa loyauté à Luynes et obtient le commandement de troupes qui attaquent les sympathisants de la reine, non sans un certain succès.

Bourbon-Condé, la Croix et Ponthieu sont mandatés pour présenter une offre de règlement finale à Luynes. Ils plaident habilement leur cause et obtiennent victoire, en plus de la libération de l’oncle de dame de Bourbon-Condé et une déclaration à l’effet qu’ils n’ont commis aucun crime. Leur vie est donc moins menacée, du moins, pour l’instant.

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1619 - chapitre I: les flammes du passé, du présent et du futur
Où menaces et mystères s'étreignent

Adelaide de Bourbon-Condé remarque qu’une jeune fille se rend au Prieuré de Val-de-Grâce sous la supervision attentive Alvarro de Santos. Ce dernier lance un curieux avertissement à la nièce d’Henri II.

De son côté, Joseph Antoine de la Croix entretient des relations avec un envoyé de l’Évêque de Luçon, le Père Joseph qui l’avertit d’un probable complot jésuite et des périls courus par le dueliste.

Le roi Louis XIII va visiter de façon anonyme le prieuré. La chose crée une commotion au Louvres. Par la suite, le prieuré est incendié par des sbires qui désirent s’occuper de la jeune fille qu’a vue Bourbon-Condé. Nos amis sauvent la jeune fille et sa voisine de chambre, Fleurette. La rencontre touche énormément Ponthieu qui décide de prendre action.

Nos amis étant menacés, ils quittent Paris pour rejoindre les terres du vicomte de Joigny. Le duc d’Épernon vient ensuite tenter de les convaincre de se joindre à lui pour libérer Marie de Médicis, enfermée au château de Blois.

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1619, prologue 2 - le passager
Où de Joigny a une drôle de rencontre

Hector Tallemant de Joigny était un homme condamné. À chaque jour, il sentait la mort approcher ses doigts glacés vers lui. Malgré les saignées pratiquées par le médecin, son état avait empiré en deux ans.

La dernière fois qu’il s’était présenté au Louvres, avec un vieux camarade, D’Épernon il avait croisé Charles d’Albert et l’un de ses frères dans le grand escalier du Louvres. Lorsque le favori lui avait demandé des nouvelles, Joigny s’était contenté de dire :

Il n’y a rien de neuf. Comme vous voyez, nous descendons alors que vous montez.

Le chevalier de Joigny était aujourd’hui à Paris pour régler quelques affaires. La cour ne l’attirait plus et il préférait retourner dans ses terres finir sa vie.

La foule était dense, puisque Paris profitait d’un léger redoux et, chose rare, d’un beau soleil hivernal.

Les porteurs d’une litière tentaient de se frayer un chemin parmi les badauds, les vendeurs itinérants et les passants qui encombraient la rue Saint-Honoré, là où tout avait commencé il y a deux ans.

Le vicomte de Joigny fut soudainement pris d’une violente quinte de toux. Il sentit ses poumons brûler alors qu’il se recroquevilla pour cracher un mélange d’humeurs que nos lecteurs nous dispenseront de décrire. Son regard s’embruma en conséquence et ce, au moment même où ses yeux virent le passager de la litière. Sa toge rouge démontrait qu’il s’agissait d’un cardinal.

Le passager lança quelques piécettes dans la foule. L’une d’elle atterrit immédiatement aux pieds du victomte. De Joigny jura quand il vit qu’il s’agissait de monnaie espagnole.

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