De cape et d'épée

Épilogues
Où l'on apprend le sort ultime de nos amis

La Croix

Comme prévu, La Croix maria Anne Clarisse, nièce de Châteauvieux. Éternels opportunistes et aventuriers, les deux sentirent l’importance grandissante des colonies pour la France. Ils firent parmi les premiers associés de la Compagnie des Îles d’Amérique, faisant fortune dans le commerce du sucre. Ils revinrent en France en 1640, avec leurs deux enfants pour y couler des jours paisibles, juste avant que la Compagnie périclite.

Ponthieu

Ponthieu garda initialement sa charge de capitaine des Mousquetaires mais ne put jamais s’accorder avec le successeur du Cardinal de Richelieu, Mazarin, lequel s’arrangera pour le lui faire perdre. Ponthieu se souciant guère de la chose, alla affronter les Espagnols à la Bataille de Rocroi.Les Français durent leur victoire au sacrifice ultime de Ponthieu, qui mena l’assaut contre les Espagnols, accélérant ainsi le déclin des Habsbourg.

Mehmet

Mathieu de Metting, converti à la religion chrétienne et maria Daphnée de Joigny, qu’il avait toujours chérie. De leur union naquirent trois enfants. Malgré ses états de services, celui qui fut autrefois appelé Mehmet ne fut jamais particulièrement accueilli par la grande aristocratie française. Il se contenta d’agir comme mécènes de scientifiques et d’aristes prometteurs. Il écrivit ses mémoires, lesquels tombèrent initialement dans l’oubli avant d’être redécouverts vers la fin du 19e siècle. De nombreux auteurs s’inspirèrent de son vécu pour écrire de fantastiques histoires de cape et d’épée dans les journaux de l’époque.

Bourbon-Condé

La Marquise des Îles se mit à l’ouvrage pour continuer l’œuvre du Cardinal de Richelieu mettant en échec conspiration après conspiration. Toutefois, les pressions pour qu’elle se marie devinrent de plus en plus importantes et le Cardinal ne pouvait la protéger indéfiniment contre celles-ci. Bourbon-Condé devint donc abbesse. Par une correspondance soutenue, elle enseigna l’art de la politique à son neveu qui mènerait la Fronde contre le gouvernement Mazarin.

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1626, Conclusion
Où cette histoire se termine dans l'honneur

La conspiration s’étiola rapidement après la défaite de Chalais et de ses compagnons.

Les frères Vendôme furent arrêtés, tandis que la Duchesse de Chevreuse s’exila en Lorraine, loin de la cour.

Le marriage de Gaston de France avec Mademoiselle de Montpensier aurait bientôt lieu. En serait issue la Grande Mademoiselle .

Depuis près de dix ans, nos héros avaient sauvé la Couronne de France, que ce soit en mettant fin au règne informel de l’aventurier Concini, en mettant la main sur les plans d’invasion de la Valteline par les Habsbourg et finalement en ayant le dessus sur ce qui allait être nommé la Conspiration de Chalais, événement bien mal nommé, vu le rôle somme toute mineur joué par le jeune homme. En plus, nos amis avaient eu un rôle essentiel dans l’ascension du Cardinal de Richelieu.

Sa Majesté très Chrétienne savait se montrer reconnaissante et elle le prouva. Ponthieu et La Croix furent adoublés chevaliers du Saint-Esprit, tandis que Mehmet fut annobli, pour devenir Mathieu Met, vicomte de son état.

Bourbon-Condé, eut un sort moins enviable. Le Père Joseph prenant sa retraite de l’intrigue et de l’espionnage, Bourbon-Condé fut choisie pour diriger le réseau d’espions du Cardinal.

En 1638 naquit Louis, le premier fils deLouis XIII et d’Anne d’Autriche.

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1626, chapitre VIII: Fleury-en-Brière
Où le complot contre le Cardinal s'ourdit

Le Cardinal de Richelieu confie à Bourbon-Condé et à La Croix son malaise face à une lettre de Gaston de France. Ce dernier indique qu’il se présentera à la maison de campagne du Cardinal, « avec quelques gentilhommes de ses amis », pour y manger et être reçu par le Cardinal.

Évidemment, on ne peut point refuser une demande de Monsieur, mais Richelieu n’est pas homme qui se laisse facilement abattre, pas plus que nos amis sont du genre à laisser quelques tristes sires occire le premier ministre du roi.

Nos personnages se présentent donc à la maison de campagne du Cardinal, épée à la main et attendent ceux qui y arrivent. Non sans surprise, Chalais est du nombre.

Chalais et un lascar firent mine de se disputer près du Cardinal, tirant leurs rapières. Nos amis ne furent point dupe de ce médiocre stratagème et se préparèrent aux pires, sortant leurs rapières également.

Chalais, accompagné de ses amis Charles de Châllon et Bénédictin de Faume (dit d’Albert), ainsi que d’une huitaine de gentilhommes aux fréquentations douteuses, se lancèrent contre nos amis.

Chalais concentra ses attaques sur le Cardinal, qui était en fait Bourbon-Condé déguisée, tandis que Charles de Châllon croisa le fer avec Ponthieu. La Croix se joignit à Bourbon-Condé pour repousser Chalais, probablement le plus redoutable du groupe, tandis que Mehmet s’occupa de quatre lascars. Le pauvre Faume fut ignoré initialement.

Nos héros eurent le dessus sur les conspirateurs : Chalais fut tué d’un estoc de la rapière de La Croix, qui mis à terre également Faume. Bourbon-Condé et Mehmet mirent hors combat chacun quatre lascars, tandis que Châllon dut déclarer forfait devant Ponthieu.

Gaston de France, toujours couard, tenta de fuir, mais fut sommé de rester sur place par Mehmet, dont le coup de semonce de pistolet régla le problème.

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1626, chapitre VII: un dîner plus que parfait en agréable compagnie
Où l'on retrouve l'exquis Monsieur de Châteauvieux

Toujours aussi hospitalier, Châteauvieux invite nos amis à prendre le repas du soir en sa compagnie. Se joignent également la femme de l’hôte ainsi qu’Anne Clarisse.

La Croix offre un cadeau à la demoiselle et la conversation se déroule agréablement, au gré des anecdotes de l’ancien gardien de la Bastille. Si ce dernier compte en Mehmet un auditeur enthousiaste, Madame de Châteauvieux semble vouloir être ailleurs. Cela dit, il est mentionné que l’oncle de Chalais a confié à Châteauvieux avoir du soucis pour son neveu, pris dans les griffes de la Chevreuse.

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1626, Chapitre VI: Colinges-sur-Seine
Où l'on passe du fermier général au maréchal

Nos héros se dépêchent pour gagner le paisible village de Colinges-sur-Seine, un groupe de masures paysannes. Évidemment, on n’y trouve point d’un monsieur Duperré, mais la demeure la plus importante, une maison de campagne d’envergure certaine, est celle du fermier général, lequel se retrouve être nul autre que Le Flaguet.

Nos amis se doutent que ce taciturne personnage saura les reconnaître en moins de deux. Bourbon-Condé prend donc les apparences de Scippio et Mehmet l’accompagne, ce dernier étant inconnu de Le Flaguet.

Le Flaguet indique qu’il fera parvenir un message à Monsieur Duperré et un course part effectivement vers Paris. La Croix tente de l’arrêter, mais comble de malchance, sa tête heurte une branche solide et il tombe de son cheval avant de sombrer dans l’inconscience. À son réveil, ses armes sont disparues. L’hypothèse d’un malheureux accident est écartée par Ponthieu qui y voit le fait d’armes de lâches malotrus

Il est clair que le monsieur Duperré en question est en réalité D’Ornano, mais ce dernier ne se présente pas. À sa place, le Maréchal de Bassompierre tente d’amadouer nos amis en leur plaidant l’autre côté de la médaille. Hélas pour l’auguste maréchal, les actes peu honorables du gouverneur de Gaston de France sont considérés par nos amis comme crimes impardonnables, ce qui est une conclusion nullement déraisonnable, vu les événements passés.

Le retour vers Paris se fait sans encombre et un rapport est fait au Cardinal. Ce dernier ordonne l’arrestation immédiate de d’Ornano.

La Croix a le plaisir (ou le déplaisir, dirons certains) de retrouver ses armes à son domicile accompagnées d’une note d’une certaine demoiselle espiègle.

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1626, chapitre V - L'Île de Ré
Où nos amis sauvent la France, plus d'une fois

Moins de 24 heures après être arrivés le sol français, Ponthieu et Mehmet chevauchent à bride abattue vers l’Île de Ré, bien connue des cruciverbistes, afin de prévenir les militaires qui s’y trouvent de l’attaque imminente de la flotte anglaise.

De leur côté, Bourbon-Condé et Lacroix vont rencontrer le Cardinal pour leur faire part de leurs découvertes, notamment quant au rôle joué par D’Ornano dans ce qui ressemble à un futur coup d’État.

Ponthieu et Mehmet arrivent et sont reçus cordialement par Jean Caylar d’Anduze de Saint-Bonnet, seigneur de Toiras, chef de camps du régiment de Champagne. Il faut dire que l’uniforme de mousquetaire du Comte de Ponthieu constitue une lettre d’introduction dès plus efficaces. Ne se reposant jamais sur leurs lauriers, nos amis se mettent à l’œuvre en parcourant l’île pour y déceler les endroits les plus propices à un débarquement. La plage sablonneuse de Sablenceaux leur semble la plus propice à établir une tête de pont pour les forces anglaises.

Bourbon-Condé et La Croix ne chôment pas non plus. Dès leur rapport, ils informent le Cardinal qu’ils vont rejoindre leurs amis. Geneviève est également du voyage. Nul ne sait toutefois comment la brave Provençale a réussi à réunir autant de victuailles, en si peu de temps. Cela dit, la lettre d’introduction rédigée par le Cardinal a un effet immédiat sur Toiras.

Arrivés sur place, l’œil d’aigle, ou plutôt d’aiglonne, de Bourbon-Condé note la présence d’un visage familier parmi les soldats, le fourbe Scippio, anciennement au service de Concini, qui se fait désormais appelé Flavien. Le scélérat reste prêt de son jeu et convainc même Mehmet que les années l’ont amené à amender sa conduite, malgré le scepticisme de La Croix. Bourbon-Condé se propose de l’épier.

Les voiles anglaises sont repérées et les troupes de Sa Majesté Très Chrétienne se mettent en branle pour les affronter sur la plage de Sablenceaux, comme l’avaient prévu nos amis. Près de 100 navires anglais participent au débarquement.

Pendant la bataille, Bourbon-Condé note que Scippio alias Flavien se dirige vers une petite fortification en bois et voit l’éclat d’acier d’une lame. Rapidement, avec l’aide du reste de la bande, elle se lance à l’assaut du scélérat, manifestement prêt à exécuter quelque traîtrise. Une canonnade rend toutefois la chose plus difficile que prévu.

Effectivement, Scippio a déjà tué trois des quatre soldats assignés à la garde, avant d’être surpris par Bourbon-Condé. Après une brève défense, l’ancien sbire de Concini fuit. Mehmet et Bourbon-Condé le poursuivent tandis que Ponthieu et La Croix assument la défense du fortin, contre une vingtaine d’Anglais.

Le fourbe assassin est rattrapé, pendant que La Croix, dénué de toute expérience militaire, réussit néanmoins à faire œuvre utile avec son mousquet.

Les Anglais sont cependant trop nombreux et réussissent à débarquer, mais en payant un lourd tribut en vies humaines. Toiras ordonne à ses troupes de se retrancher à la Citalle de Saint-Martin-de-Ré et de se préparer au siège qui s’ensuivra.

Scippio est interrogé vigoureusement par nos amis, peu sympathiques au scélérat, lequel les informe que ses services furent retenus par la Duchesse de Chevreuse, suite à une recommandation du maître de la garde-robe. Son point de contact était toutefois d’Ornano, qu’il devait rencontrer dans un petit village une fois sa mission accomplie. Celle-ci impliquant, entre autres, l’assassinat de Toiras. Un petit billet est produit pour prouver les dires de l’assassin. Les héros, forts de ces révélations, consentent à laisser la vie sauve à l’assassin, qu’ils enjoignent de quitter la France pour toujours.

Constatant que le devoir les appelle ailleurs, nos amis décident de quitter le fort. Pour ce faire, ils s’invitent au camp de Buckingham, avec qui ils discutent, usant ici de flatterie, là de séduction. Malgré l’opposition de l’antipathique Lord Burnaby, le favori du roi anglais accepte de les laisser quitter l’Île de Ré.

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1626, chapitre IV: Au pays des Anglois
Où l'on retrouve de vieilles connaissances

Nos amis arrivent à Londres le matin même de la journée où est prévue la pendaison de l’espion du Cardinal. Déjà, l’échafaud est dressé et des vendeurs ambulants s’installent afin de servir à la foule qui se massera bientôt sur la place.

Très vite, ils se divisent la tâche : La Croix s’occupe de déterminer les endroits les plus appropriés pour tenir une embuscade, tandis que Bourbon-Condé, sous l’habit d’un prêtre catholique, est introduit dans la Tour de Londres où se trouve la cellule de l’espion. Celui-ci s’avère à être nul autre que Rosaire, cet ancien servant de Concini! Évidemment, le fin renard refuse de délivrer ses secrets tant qu’il n’est pas en sécurité.

Avec l’aide de Mehmet, Bourbon-Condé s’invite aussi chez le Duc de Buckingham, dont le palais comprend un portrait immense (et fort réussi, faut-il le préciser) de la Marquise des Îles. Il explique que, d’ici trois jours il partira avec une flotte vers la France. La rencontre est écourtée, à dessein, par l’Ottoman qui ne trouve rien de bien sain au duc.

De son côté, Ponthieu va s’assurer des bons services de l’ambassadeur français auprès de la cour de Charles II. Des chevaux et un bateau seront mis à la disposition du groupe assure ce plénipotentiaire.

La Croix et Ponthieu se mettent à l’attaque contre l’escorte de Rosaire et, avec l’aide de Bourbon-Condé et de Mehmet, se défont rapidement de la douzaine de garde et du sergent. Une figure sombre est entrevue, espionnant la scène. Sans prendre son souffle, Mehmet se lance à sa poursuite et finit par la rattraper. Stupeur! Il s’agit de la demoiselle de compagnie (les mauvaises langues diraient espionne de service) de la Duchesse de Chevreuse et nul autre que la nièce de Monsieur de Châteauvieux. La garcelette est amenée avec le groupe, bien qu’assommée brutalement par La Croix qui se retient cependant de la tuer, par respect envers l’oncle de la demoiselle.

Une fois en sécurité dans la mère patrie, Rosaire livre son information : le Maréchal d’Ornano est venu requérir du roi anglais de l’aide afin de remplacer Louis XIII par son frère Gaston. En échange, il lui promet l’aide d’une flotte qui l’aidera à capturer l’île de Ré, sur laquelle est sise un fort empêchant les Anglais de prendre La Rochelle.

La jeune Anne Clarrisse se défait de ses liens et quitte en douce, laissant un message à Monsieur de La Croix lui assurant qu’elle ne lui tient pas rancune de sa conduite passée.

Le temps presse et nos amis mettent le cap en direction de l’Île-de-Ré.

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1626, chapitre III, Partons la mer est belle
Où la chance joue contre nos amis

La Manche se dressait entre nos amis et l’espion qu’ils devaient récupéré.

Il fut décidé de louer un bateau, ou devrais-je plutôt dire, emprunter un bateau, sans avoir requis préalablementy le consentement de son propriétaire. Certes, ce comportement pouvait paraître douteux pour des gens de bonne famille, mais il y a lieu de préciser qu’il ne s’agissait que d’une demi-faute, puisque Scorailles laissa une substantielle indemnité au pêcheur lésé, laquelle permettrait à ce dernier de se pourvoir d’une nouvelle barque et de vivre confortablement pour plusieurs mois.

Le vent, initialement favorable, devint moins amène à mesure que la barque prenait le large. Bientôt, l’esquif fut submerge par des flots et commenca à couler, malgré les efforts d’écopage de tous. C’est donc à titre de naufragés que nos amis gagnèrent la terre anglaise. Le pauvre Mehmet était ereinté.

Des montures furent pris dès que possible et nos amis chevauchèrent à bride abattue vers Londres. La guigne s’acharna sur Scorailles dont le cheval fit une chute, entraînant dans la boue son cavalier, ou plutôt, sa cavalière.

En effet, la perruque et la fine moustache de Scorailles tombèrent de sa tête pour reveler la fine chevelure blonde de Mlle de Bourbon-Condé! Scoraille et elle-même ne faisaient qu’un! La surprise de ses compagnons fut grande, mais on constata néanmoins une nette amelioration subséquente de l’attitude de La Croix envers Scoraille.

Finalement, les murailles de Londres se dressaient devant nos amis.

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1626, chapitre II, Saint-Dyé-sur-Loire
On l'on est pas sorti de l'auberge

Nos amis arrêtent pour la nuit à une auberge sise à Saint-Dyé-sur-Loire, village adjacent à la route royale. Il faut dire qu’ils sont fourbus, ayant chevauché toute la journée sans pause aucune.

L’auberge est à moitié pleine. La Croix repère un homme qui semble surveiller davantage le groupe. L’indiscret détale lorsque La Croix s’approche de lui. Hélas, sous le couvert des bois, le bretteur perd la piste du guetteur. Il perçoit toutefois le hennissement d’un cheval qui part au galop vers l’Ouest. Mehmet, de son côté, soudoie l’aubergiste afin qu’il reste discret sur les chambres louées.

Pendant la nuit, le Turque taciturne perçoit une odeur de fumée. L’écurie brûle et l’incendie se propage à l’auberge! Hurlant pour avertir ses compagnons, Mehmet réussit à forcer la porte, laquelle était bloquée par quelque meuble placé à dessein pour empêcher son ouverture. Pendant ce temps, Ponthieu, La Croix et Scorailles sautent à travers la fenêtre, que pour se faire canarder par des tireurs embusqués.

Fort heureusement, la mousquetade fait long feu et la riposte de nos amis est rapide, vigoureuse et énergique. 11 malfrats sont mis en état de nuire, les trois autres réussissent cependant à s’enfuir. un bref interrogatoire permet de déterminer qu’une jeune femme aux cheveux foncés avait engagé cette bande pour mettre feu à l’écurie, mais que, quelques minutes plus tard, un homme leur a offert le double de la somme promise afin de tuer nos amis.

Mehmet, Ponthieu, La Croix et Scorailles marche de longues heures vers le prochain relai pour y prendre des chevaux. La route vers Calais se fait sans encombre. Par contre, dès leur arrivée dans cette ville, une surprise de taille guette nos amis: le gouverneur, un proche de la duchesse de Chevreuse, a déclaré quarantaine et ne laisse aucun navire sortir du port.

Comment traverser la Manche? Le temps presse.

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1626, chapitre I, Une mission à l'anglaise
Où l'on renoue avec nos amis

Par respect pour nos lecteurs, revenons tout d’abord sur un bien triste événement survenu à l’hiver.

Le Vicomte de Joigny, aux prises avec une féroce grippe, sentait ses dernières heures venir et fit quérir ses compagnons d’aventures par l’entremise de Mehmet, fidèle serviteur de sa fille Daphnée.

Mehmet accouru à Paris, non sans avoir pris une modeste chambre dans une auberge manifestement mal famée si on se fit aux bruits que commirent certains fêtards. L’Ottoman resta cependant coït dans sa chambre, préférant éviter une confrontation inutile.

L’émérite vieillard livra à ses amis un plaidoyer quelque peu confus, mais non dépourvu d’émotion, quant aux dangers qui guettaient la couronne de France, pour laquelle il avait dédié sa vie. Joigne trépassa sous peu, non sans avoir légué par testament tous ses avoirs à Daphnée et un confortable pécule au Turque taciturne.

Quoi qu’il en soit, nous retrouvons nos amis en mai 1626.

Ponthieu terminait son service quand il aperçut la fort charmante duchesse de Chevreuse, en discussion avec une jeune dame aux cheveux foncés. Marie de Rohan demanda au preux mousquetaire (car il était maintenant lieutenant de cet ordre) de l’escorter jusqu’à l’hôtel particulier du maréchal d’Ornano. La ravissante duchesse plaida qu’elle avait reçu de curieuses menaces par écrit et qu’elle craignant le pire. Le mousquetaire accepta incontinent.

Le voyage, dans la calèche de la duchesse fut fort agréable pour Ponthieu, la duchesse lui manifestant un grand intérêt. Le périple fut cependant gâché quelque peu par des tirs d’armes à feu, qui ne firent cependant pas mouche, sauf pour blesser légèrement le cocher.

Le Cardinal de Richelieu quérit Bourbon-Condé et La Croix au sein du palais cardinal afin de leur confier une mission: un de ses espions venait de se faire arrêter à Londres et serait pendu sous peu. Or, cet espion avait de l’information précieuse aux yeux du Cardinal. Ce dernier voulait donc que son espion ou, au pis aller, son information, reviennent sains et saufs. Si l’ambassadeur de France pouvait retarder de quelques jours l’exécution du malheureux, le temps devrait presser. Il fut suggérer que Grégoire de Scorailles, fiancé de Bourbon-Condé participe à l’expédition, tout comme Mehmet, dont on se souvenait des talents de marin.

Ponthieu accepta de participer, sans trop s’embrasser de connaître les détails, bien qu’il fut quelque peu déçu de la discrétion exigée pour mener à bien cette mission. Mehmet accepta également, par curiosité et désir d’aventure. Il faut dire que Daphnée, contrairement à feu son père, se révéla plus proche du Cardinal que l’on aurait pu penser.

Le lendemain matin, le groupe partit à cheval, se rendant jusqu’à Saint-Dyé-sur-Loire.

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