De cape et d'épée

1619, prologue 2 - le passager

Où de Joigny a une drôle de rencontre

Hector Tallemant de Joigny était un homme condamné. À chaque jour, il sentait la mort approcher ses doigts glacés vers lui. Malgré les saignées pratiquées par le médecin, son état avait empiré en deux ans.

La dernière fois qu’il s’était présenté au Louvres, avec un vieux camarade, D’Épernon il avait croisé Charles d’Albert et l’un de ses frères dans le grand escalier du Louvres. Lorsque le favori lui avait demandé des nouvelles, Joigny s’était contenté de dire :

Il n’y a rien de neuf. Comme vous voyez, nous descendons alors que vous montez.

Le chevalier de Joigny était aujourd’hui à Paris pour régler quelques affaires. La cour ne l’attirait plus et il préférait retourner dans ses terres finir sa vie.

La foule était dense, puisque Paris profitait d’un léger redoux et, chose rare, d’un beau soleil hivernal.

Les porteurs d’une litière tentaient de se frayer un chemin parmi les badauds, les vendeurs itinérants et les passants qui encombraient la rue Saint-Honoré, là où tout avait commencé il y a deux ans.

Le vicomte de Joigny fut soudainement pris d’une violente quinte de toux. Il sentit ses poumons brûler alors qu’il se recroquevilla pour cracher un mélange d’humeurs que nos lecteurs nous dispenseront de décrire. Son regard s’embruma en conséquence et ce, au moment même où ses yeux virent le passager de la litière. Sa toge rouge démontrait qu’il s’agissait d’un cardinal.

Le passager lança quelques piécettes dans la foule. L’une d’elle atterrit immédiatement aux pieds du victomte. De Joigny jura quand il vit qu’il s’agissait de monnaie espagnole.

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